Saint André les Alpes, Saint-André-les-Alpes – Restaurant Lac et Forêt : une table raffinée entre lac et montagnes.

Saint André les Alpes, Saint-André-les-Alpes – Restaurant Lac et Forêt : une table raffinée entre lac et montagnes.

Une terrasse ouverte sur le ciel du Verdon.

À une centaine de kilomètres de Nice, Saint-André-les-Alpes est l’une des portes d’entrée du Verdon. Niché entre le lac de Castillon et les montagnes des Alpes-de-Haute-Provence le village séduit autant les amateurs de baignade que les passionnés de randonnée, de VTT ou de sports nautiques.

Mais ici, le spectacle se déroule aussi dans les airs. Face à l’Hôtel Lac et Forêt se trouve l’une des plus célèbres zones d’atterrissage de parapente de la région. Tout au long du déjeuner ou du dîner les voiles colorées se succèdent au-dessus de la terrasse avant de venir se poser quelques mètres plus loin. Un véritable ballet aérien qui accompagne le repas et donne irrésistiblement des envies de liberté.

Marc Fontaine, un coup de cœur devenu projet de vie.

Rien ne prédestinait Marc Fontaine à devenir hôtelier. Pendant de nombreuses années, il travaille dans une concession automobile en Suisse. Mais sa passion pour le parapente le conduit régulièrement à Saint-André-les-Alpes où il vient voler avec Aérogliss. À chacune de ses escapades, il séjourne à l’Hôtel Lac et Forêt.

Peu à peu, l’idée fait son chemin. Séduit par le cadre exceptionnel, l’atmosphère des lieux et le potentiel de cette belle demeure, il décide finalement de changer de vie et reprend l’établissement en 2005. Un pari audacieux qu’il mène depuis avec la même envie de partager ce coin de paradis avec ses visiteurs.

Aujourd’hui, il accueille aussi bien les vacanciers que les sportifs, les randonneurs ou les parapentistes dans une ambiance chaleureuse où l’on prend volontiers le temps de profiter du paysage avant de passer à table.

Nicolas Brencz, le goût du produit avant tout.

À la tête des cuisines depuis 2019, Nicolas Brencz a choisi de tourner le dos à l’effervescence parisienne pour retrouver une qualité de vie plus en accord avec ses valeurs. Originaire de la capitale, il effectue son apprentissage au Trianon Palace de Versailles, avant de poursuivre son parcours dans le secteur du traiteur haut de gamme où il officie pendant plusieurs années lors de réceptions organisées dans de prestigieux châteaux de la région versaillaise. Il poursuit ensuite son parcours comme chef, notamment à Rueil-Malmaison.

Avec son épouse, originaire de Saint-André-les-Alpes, il décide finalement de revenir dans la région. Après avoir contribué à redonner un nouvel élan au restaurant Le Lacustre à Beauvezer, il rejoint l’Hôtel Lac et Forêt où il prend les commandes des cuisines en 2019.

Une cuisine inspirée, vivante et profondément ancrée dans son terroir.

Pour Nicolas Brencz, tout commence par le produit. Les légumes proviennent d’un maraîcher installé près de Gap, les viandes sont exclusivement françaises et les circuits courts occupent une place essentielle dans sa démarche. Ici, pas de produits transformés : tout est travaillé à partir de produits frais dans le respect des saisons. La carte évolue ainsi trois fois par an afin de suivre au plus près les récoltes et les disponibilités des producteurs.

L’inspiration, elle, naît d’une multitude de sources. Le chef consigne régulièrement ses idées dans un carnet où se mêlent souvenirs, imagination, associations de saveurs ou techniques découvertes au fil de ses lectures et des émissions culinaires qu’il regarde. Lorsqu’il compose une nouvelle carte, il imagine chaque plat comme une création unique pensée dans sa globalité avant même les premiers essais en cuisine.

À ses côtés, une brigade de deux cuisiniers en semaine, renforcée par un troisième le week-end veille à donner vie à ces créations. En salle, Nicolas Marchand et son équipe sont soigneusement briefés afin de présenter chaque assiette, son origine et son histoire, permettant ainsi aux convives de mieux comprendre le travail réalisé en cuisine.

Une cuisine qui se découvre autant avec les yeux qu'avec les papilles.

Avant même la première bouchée, les assiettes donnent le ton. Dressées sur une élégante vaisselle Médard de Noblat, elles mettent en scène chaque création avec sobriété et modernité. Rien n’est laissé au hasard : les couleurs répondent aux textures, les herbes fraîches apportent la touche végétale et chaque élément trouve naturellement sa place. Une esthétique contemporaine qui ouvre parfaitement cette expérience gastronomique.

Pour débuter le repas, deux façons de se mettre en appétit : un verre de Rinquiquin, subtile alliance de liqueur de pêche, tonic et menthe, particulièrement rafraîchissante lors des belles soirées d’été ou une coupe de Champagne de Barfontarc Héritage dont les fines bulles annoncent une dégustation placée sous le signe de l’élégance.

Pour commencer ...deux entrées, deux univers.

Le chef nous propose tout d’abord Le Thon, un « Tonno affumicato » façon « vitello tonnato », tagliatelles de courgettes de couleurs. Les fines tranches de thon fumé offrent une texture délicate tandis que les courgettes apportent fraîcheur et croquant. L’ensemble trouve un bel équilibre avec le Domaine des Maravilhas – Maestral, dont la vivacité accompagne harmonieusement les saveurs iodées sans jamais les dominer.

Changement d’univers avec Le Gravlax, gravlax de rumsteck de race charolaise, syphon béarnaise estragon wasabi, salade d’herbes fraîches. Une assiette plus affirmée où la tendreté de la viande répond au caractère de la béarnaise revisitée subtilement relevée par le wasabi. Le Domaine du Grès Vaillant – Le Pin Pinot Noir 2023 accompagne cette création avec finesse apportant fraîcheur et légèreté sans masquer la délicatesse du bœuf.

Laissons-nous guider par le chef et poursuivons avec des plats tout en maîtrise.

Parmi les plats dégustés, L’Agneau séduit immédiatement. Le canon de filet d’agneau en feuilletage, crémeux de pois chiche, jus réduit anchois et menthe associe gourmandise et précision. La cuisson parfaitement maîtrisée préserve tout le moelleux de la viande tandis que le feuilletage apporte une agréable texture croustillante. Le Saint-Joseph « Ro-Rée » 2024 de Louis Chèze accompagne idéalement cette assiette grâce à ses notes épicées et à sa belle profondeur.

Autre registre avec L’Espadon, filet d’espadon snacké, mousseline de fenouil à l’orange, réduction de bouillon de bouillabaisse. La cuisson juste du poisson conserve toute sa chair tandis que les agrumes viennent réveiller la douceur du fenouil. L’accord avec le Chablis 2025 du Domaine de Chaumoy met en valeur la finesse de l’ensemble grâce à sa minéralité et sa fraîcheur.

Une finale tout en gourmandise !

Le repas s’achève sur deux desserts particulièrement réussis.

La Profiterole, composée de profiteroles à la vanille, sauce chocolat et crème montée à la pistache, revisite un grand classique avec générosité. Le contraste entre la glace, la sauce chocolat encore chaude et la légèreté de la crème montée en fait un dessert particulièrement gourmand.

Tout aussi séduisante, La Framboise, tartelette framboise litchi et rose, joue davantage la carte de la fraîcheur. Les notes florales de la rose viennent délicatement souligner le fruit sans jamais prendre le dessus, offrant une conclusion élégante au repas.

Pour accompagner ces douceurs, Marc Fontaine nous propose un Vieux Carignan de Pazac, un vin liquoreux dont les arômes généreux prolongent agréablement les saveurs sucrées sans les alourdir.

Un hôtel chargé d'histoire, entre lac et montagne

Impossible de quitter les lieux sans évoquer l’histoire de cet établissement qui fait partie du paysage de Saint-André-les-Alpes depuis près de quatre-vingt-dix ans.

Construite entre 1933 et 1936 par Henri Louis Auguste Saquet, la bâtisse est inaugurée le 1er juin 1936 sous le nom de Grand Hôtel de la Forêt. À l’époque, elle figure parmi les établissements les plus modernes de la région, accueillant voyageurs, familles et premiers touristes séduits par les paysages de Haute-Provence. Ses vastes chambres lumineuses, son salon de réception, sa grande salle à manger et sa terrasse dominant la vallée en font rapidement une adresse prisée.

La création du lac de Castillon en 1949 transforme durablement le paysage. L’établissement devient alors Hôtel du Lac, avant d’adopter le nom d’Hôtel-Restaurant Lac et Forêt, parfaitement représentatif de sa situation privilégiée entre les eaux du lac et les reliefs boisés des Alpes-de-Haute-Provence.

Après une importante rénovation à la fin des années 1970, une nouvelle page s’écrit en 2005 lorsque Marc Fontaine reprend les lieux.

Aujourd’hui, l’établissement propose 20 chambres, permettant de prolonger l’expérience le temps d’un week-end ou de quelques jours. On y retrouve l’esprit des maisons de famille avec en toile de fond les montagnes, le lac de Castillon, une salle de billard, des soirées musicales autour du piano et cette même convivialité qui anime les lieux depuis près d’un siècle.

Une belle façon de savourer pleinement cette parenthèse entre gastronomie, nature et art de vivre provençal.

 

Hôtel- Restaurant


Lac et Forêt

 

1098, route de Nice F-04170


Saint-André-les-Alpes

Tél: (+33) 4 92 89 07 38

La consommation d’alcool est interdite aux moins de 18 ans. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. – A consommer avec modération.

Laurence Trinquet 30/07/2026