Évasion dans le Jura : à la découverte des trésors culturels et gastronomiques

Évasion dans le Jura : à la découverte des trésors culturels et gastronomiques

Vous avez décidé de visiter cette belle région ? 

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SortiesCulturelles.com vous ouvre les portes de ses plus belles découvertes : pépites patrimoniales, tables gourmandes, rencontres inspirantes et escapades inattendues…
De quoi faire de votre séjour une parenthèse enchantée, entre culture, nature et art de vivre.

Jour 1 ...

Arbois, là où le vin raconte l’Histoire des hommes.

Il suffit parfois d’un cours d’eau, de quelques ruelles anciennes et d’un clocher dominant les toits pour sentir qu’une ville possède une âme particulière. À Arbois, cette âme est partout. Dans la pierre dorée légèrement teintée de fer, dans les ponts traversant la Cuisance, dans les anciennes maisons vigneronnes… mais aussi dans cette histoire profondément liée au vin, au savoir-faire et… à Louis Pasteur.

Les premières traces écrites évoquant une vente de vin remontent déjà à l’An mille. Une indication précieuse qui montre à quel point la vigne est ici une affaire ancienne, presque identitaire. Au XIIe siècle, Arbois se développe autour d’un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Claude. Une première église dédiée à Saint-Just voit le jour tandis qu’un mur d’enceinte protège le prieuré. 

Puis le pouvoir politique s’installe. La comtesse de Bourgogne fait construire un château à la fin du XIIe siècle. Même reconstruit au fil des siècles, il continue encore aujourd’hui de dialoguer symboliquement avec l’église voisine, comme si le spirituel et le temporel se faisaient face au cœur de la ville.

Dans l’église Saint-Just, impossible de ne pas lever les yeux vers les magnifiques voûtes en croisée d’ogives. Le clocher, construit au XVIe siècle servait alors de tour de guet. Haut de 55 mètres à l’origine, il fut reconstruit plus petit après un incendie.

Arbois dévoile ensuite ses multiples influences, entre Bourgogne et Comté. On découvre que la ville comptait jusqu’à cinq couvents, signe évident de sa richesse passée. Lorsque Louis XIV reprend Arbois, il fait démanteler les remparts. Un bouleversement qui permettra paradoxalement à la ville de respirer, de s’étendre et de développer son économie.

La Cuisance accompagne votre promenade. Cette rivière, autrefois protection naturelle, faisait aussi tourner les usines et les forges de la ville. L’une d’elles aurait même participé à la fabrication de l’armure de Maximilien. Aujourd’hui, elle offre surtout à Arbois un charme fou avec ses petits ponts de pierre et ses reflets mouvants qui donnent parfois à la ville des allures de carte postale italienne.

Impossible également d’évoquer Arbois sans parler de ses vins. Cinq cépages règnent ici : Chardonnay, Pinot noir, Savagnin, Trousseau et Poulsard. Le vignoble d’Arbois s’étend sur environ 800 hectares et reste profondément attaché à ses traditions. Même les “fruitières” racontent cette culture de la mutualisation : dès le XIIe siècle, les producteurs regroupaient le “fruit” de leur travail dans un bâtiment commun. Une philosophie collective qui existe aussi dans le vin jurassien.

Déjeuner à La Finette : le Jura dans l’assiette.

Le déjeuner à La Finette permet une première immersion gourmande dans la cuisine jurassienne. Pourquoi pas commencer par une meurette de La Finette au Pinot noir d’Arboisprofonde et généreuse, avant de retrouver l’un des grands emblèmes régionaux : la fondue au Comté incroyablement onctueuse et régressive. L’assiette du fromager prolonge naturellement cette découverte du terroir. Puis laissez-vous tenter par un nougat glacé pour conclure tout en douceur. Une cuisine sincère, chaleureuse, qui ressemble finalement beaucoup à sa région. 

Sur les traces de Louis Pasteur.

À Arbois, Louis Pasteur est partout. Né à Dole en 1822, il reste profondément attaché à cette maison achetée par ses parents, une ancienne tannerie, qu’il transformera peu à peu en demeure bourgeoise. Et ce qui frappe immédiatement lors de la visite menée par Sylvie Morel, conservatrice de ce musée, c’est que la demeure semble encore habitée. Les papiers peints restaurés, les objets personnels, les portraits, les meubles… tout est resté en l’état.

On découvre un Pasteur très différent de l’image austère souvent véhiculée. Un homme sensible, passionné, parfois bouleversé jusqu’aux larmes lorsqu’il déclame Lamartine. Un homme qui aimait jouer au billard, voyager à travers l’Europe, bien manger… et travailler de façon obsessionnelle. Il se levait à cinq heures du matin avec cette phrase devenue célèbre : « Il faut se lever tôt pour travailler, car il n’y a que le travail qui amuse. » 

Avant la science, Pasteur dessinait énormément. Entre 13 et 21 ans, il réalise même plusieurs portraits au fusain d’une grande finesse. Puis vient la chimie. Les cristaux d’abord, avant les fermentations qui vont bouleverser sa vie… et la nôtre.

Pasteur démontre alors que les microbes sont présents partout. Il découvre surtout qu’en chauffant certains liquides à haute température, on peut éliminer une partie des micro-organismes sans dénaturer le produit. La pasteurisation est née.

Le vin devient rapidement son terrain d’étude privilégié. Pourquoi tourne-t-il au vinaigre ? Comment préserver sa qualité ? Ses recherches vont révolutionner le monde viticole puis celui de la bière. Après la perte de l’Alsace-Lorraine, il souhaite même aider la France en améliorant la qualité des bières françaises face aux productions allemandes.

Mais son immense révolution concerne surtout l’hygiène médicale. À une époque où les chirurgiens refusent parfois de se laver les mains, Pasteur comprend que les infections sont liées aux microbes. Il impose progressivement des règles sanitaires qui feront considérablement baisser la mortalité infantile et les infections hospitalières.

Puis viendra la rage. Les vaccins. Les polémiques. Les premiers essais humains. Et enfin la création de l’Institut Pasteur en 1888.
Curieusement, malgré son impact colossal sur la médecine moderne, Louis Pasteur ne sera jamais reconnu officiellement comme médecin

Dégustation au Domaine Jérôme Arnoux pour comprendre l’âme des vins du Jura.

Poursuivez votre visite par le Domaine Jérôme Arnoux dans la célèbre Cave de la Reine Jeanne dont les origines remontent à 1322. Ici, le vin du Jura se raconte presque comme un héritage vivant. Tout le domaine est conduit en bio et les explications autour du vin jaune fascinent immédiatement.

Car produire un vin jaune demande une patience extraordinaire : six ans et trois mois d’élevage minimum en fût. Pendant ce temps, une évaporation importante réduit fortement les volumes, ce qui explique en partie son prix élevé. Le domaine exploite aujourd’hui 22 hectares et doit déjà s’adapter au réchauffement climatique avec des vendanges qui commencent désormais parfois dès la fin août.

 

Dégustez les cuvées emblématiques :

  • Chardonnay Chantemerle 2022

  • Cuvée Friandise 2023

  • Arbois Savagnin Préambule 2021

  • Côtes du Jura Nuance

  • Vin Jaune 2017

  • Vin de Paille 2015

Le vin de paille impressionne particulièrement. Élaboré à partir de raisins séchés puis élevés au minimum 24 mois en fût de chêne, il développe une concentration aromatique presque méditative.

La visite – accessible sur réservation avec différentes formules de dégustation – permet surtout de mieux comprendre ce qui rend les vins du Jura si singuliers : leur liberté, leur personnalité et leur incroyable capacité à raconter un territoire.

Dîner et nuit au Domaine du Revermont : une parenthèse de verdure au cœur du Jura.

Après les ruelles d’Arbois et les caves jurassiennes, l’arrivée au Domaine du Revermont offre un véritable moment de respiration. Niché dans un écrin de verdure à Passenans, cet hôtel trois étoiles s’étend au milieu des collines boisées et des vignobles du Revermont.

Ici, le regard se perd entre les grands arbres, les reliefs doux du Jura et le calme apaisant des lieux. Aux beaux jours, la piscine extérieure et les vastes espaces verts renforcent cette impression de séjour nature où l’on vient autant pour se reposer que pour explorer la région.

La salle du restaurant joue, quant à elle, la carte de la convivialité contemporaine. Pierres apparentes, grande cheminée centrale, lumière douce en fin de journée et touches colorées donnent à l’ensemble une atmosphère chaleureuse sans prétention. Une adresse pensée pour accueillir aussi bien les voyageurs de passage que les amateurs de découvertes œnologiques venus parcourir les routes des vins du Jura.

Le dîner met naturellement à l’honneur les produits emblématiques de la région. Le pressé de tomates accompagné d’une macédoine de petits légumes à la Morteau et au Comté ouvre le repas sur une note fraîche et généreuse. Puis vient la cuisse de pintade nappée d’une crème au Savagnin, cépage roi du Jura, dont les notes légèrement oxydatives apportent beaucoup d’élégance à la sauce. La sélection de fromages régionaux rappelle évidemment que l’on se trouve bien sur les terres du Comté, avant une crème brûlée au Macvin qui conclut le repas avec une touche douce et typiquement jurassienne.

Jour 2 ...

Château-Chalon, un balcon suspendu au-dessus des vignes jurassiennes.

Perché au sommet de son éperon rocheux, Château-Chalon domine un paysage spectaculaire de vignobles, de vallons et de falaises qui lui vaut de figurer parmi les plus beaux villages de France. Avec seulement 162 habitants à l’année, ce minuscule village jurassien semble hors du temps. Au fil des ruelles pavées et des vieilles pierres blondes, Pauline Rivory nous raconte l’histoire de ce lieu profondément marqué par le vin, la spiritualité et les légendes.

Dès le VIIIe siècle, une abbaye de dames bénédictines s’installe ici. Les chanoinesses, obligatoirement issues de la noblesse, vivaient selon la règle de Saint Benoît, même si celle-ci s’assouplit largement au fil du temps. Chacune possédait son propre logis et la principale obligation restante semblait être… une prière quotidienne. Le village conserve encore aujourd’hui les traces de cette époque à travers les vestiges gothiques de l’abbaye, les symboles sculptés des chanoinesses et l’église paroissienne voisine dont la petite crypte abrite plusieurs pièces anciennes.

L’histoire de Château-Chalon est également traversée de récits et de légendes. On raconte notamment que Patrice Norbert – personnage semi-légendaire – parti chasser près du précipice aurait vu un éclair illuminer le ciel avant de réaliser qu’il se trouvait au bord du vide. Prenant cet événement comme un signe divin, il aurait alors décidé de faire construire l’abbaye. Plus tard, le village devient un lieu stratégique sur les anciennes routes du sel et un important centre de pouvoir, lorsque la Franche-Comté est rattachée à la France. 

Aujourd’hui encore, Château-Chalon reste un village particulièrement vivant grâce à ses animations estivales, ses fêtes viticoles, ses spectacles son et lumière, sans oublier la présence discrète de l’écrivain Bernard Clavel dont la maison veille toujours sur les paysages jurassiens qu’il aimait tant.

Impossible d’évoquer Château-Chalon sans parler du mythique vin jaune. Selon la légende, ce nectar si particulier serait né au sein même de l’abbaye. Produit à partir du cépage savagnin, élevé sous voile pendant plusieurs années sans ouillage, il développe ces fameux arômes de noix, d’épices et de curry qui font sa réputation mondiale. Autour du village, les vignes sculptent le paysage depuis des siècles. La commune cultive même une étonnante vigne conservatoire regroupant 47 anciens cépages jurassiens, véritable musée vivant du patrimoine viticole local. Même le nom de certaines rues raconte cette histoire : la rue de la Bargine évoque un ancien cépage aujourd’hui disparu.

Visite et dégustation au Domaine Jean-Claude et Valentin Crédoz.

En contrebas de Château-Chalon, Jean-Claude Crédoz nous accueille dans son domaine familial avec cette simplicité chaleureuse propre aux vignerons passionnés. Ici, le vin est une histoire de transmission : son fils Valentin Crédoz représentera bientôt la cinquième génération et accompagne déjà le domaine vers une viticulture toujours plus respectueuse du vivant, entre agriculture biologique et biodynamie.

Dans les caves aux vieux fûts parfois âgés de plus de 80 ans, le temps semble ralentir. Jean-Claude nous explique le rôle essentiel des levures indigènes et du fameux “voile” qui protège naturellement le vin de l’oxydation pendant son élevage. Dans ces caves sèches, l’évaporation peut atteindre 6 %, participant justement à la naissance des arômes si caractéristiques des grands vins jurassiens. Les appellations Arbois et Château-Chalon révèlent ici toute leur personnalité : le Château-Chalon se distingue notamment par sa finesse, sa minéralité et ses délicates notes de noix.

La dégustation permet de découvrir plusieurs cuvées emblématiques du domaine. Le Melon, issu d’anciennes vignes de Chardonnay plantées vers 1910, évoque certains grands bourgognes par son élégance et sa profondeur. La cuvée Valentin séduit par son équilibre et sa précision, tandis que le Château-Chalon dévoile toute la complexité du vin jaune avec ses notes de noix fraîche, d’épices douces et sa remarquable longueur en bouche. Impossible également de passer à côté du Macvin du Jura, gourmand et généreux, parfait à l’apéritif, avec un vieux Comté ou un dessert aux fruits secs. 

Une dégustation passionnante qui permet de mieux comprendre pourquoi les vins du Jura fascinent aujourd’hui les amateurs du monde entier.

Déjeuner à l'Hostellerie Saint-Germain à Arlay.

À Arlay, le déjeuner à l’Hostellerie Saint-Germain offre une élégante parenthèse gourmande dans une belle demeure discrète et raffinée. Ici, la cuisine célèbre le terroir jurassien avec finesse, précision et modernité sans jamais perdre le lien avec les produits locaux et les saveurs de saison.

Le chef accueille ses convives avec une simplicité sincère et compose des assiettes délicates où chaque détail semble pensé avec justesse. Parmi les belles découvertes du repas, un étonnant pain à la pomme de terre, moelleux et légèrement rustique est proposé comme un véritable accord mets-pain et accompagne parfaitement les sauces et les produits du territoire. 

Les assiettes séduisent autant par leur esthétique que par leur équilibre : herbes fraîches, légumes printaniers, sauces réduites avec précision, desserts autour de la fraise et de la rhubarbe… Une cuisine élégante et sensible qui prolonge parfaitement cette immersion jurassienne.

Visite de la Maison du Comté à Poligny, un musée vivant et sensoriel.

À Poligny, capitale du Comté, la Maison du Comté propose une plongée passionnante dans l’univers de ce fromage emblématique du Jura. Ouvert en 2021, ce lieu moderne et très ludique mêle vidéos interactives, animations olfactives, espaces tactiles et scénographie contemporaine pour raconter toute la richesse humaine, agricole et gastronomique de cette AOP d’exception. Petits et grands découvrent ainsi les trois grandes étapes de fabrication du Comté : la ferme, la fruitière et l’affinage.

Le parcours met en lumière un modèle agricole unique basé avant tout sur la qualité. Dans le Jura, 2400 fermes produisent le lait destiné aux 140 fruitières du territoire. Seules deux races de vaches sont autorisées : la Montbéliarde et la Simmental française. Chaque animal dispose d’environ 1,3 hectare de pâturage pendant plusieurs mois par an et les aliments fermentés sont interdits afin de préserver toute la richesse aromatique du lait. 

Le cahier des charges impose également que le lait soit collecté dans un rayon maximal de 25 kilomètres autour de la fruitière, garantissant ainsi la diversité des terroirs et le maintien des emplois locaux. Il faut près de 400 litres de lait pour produire une seule meule de Comté.

La visite permet aussi de mieux comprendre le rôle essentiel de l’affinage. Dans les caves, les meules sont régulièrement retournées et salées pendant des mois afin de développer lentement leurs arômes. Le Comté doit vieillir au minimum quatre mois, même si les amateurs apprécient particulièrement les affinages de 12 à 24 mois. La célèbre “roue des arômes du Comté” révèle alors toute la complexité de ce fromage : notes lactées, noisette, fruits secs, beurre fondu, sous-bois, caramel, épices ou encore touches torréfiées.

La découverte se termine naturellement par une dégustation comparative particulièrement instructive. Le Comté de 9 mois dévoile une texture crémeuse et des saveurs délicatement noisettées, tandis que le 16 mois affirme davantage son caractère avec ses cristaux de tyrosine et sa longueur en bouche plus intense. L’occasion aussi de repartir avec quelques idées gourmandes : fondue réalisée avec plusieurs affinages différents, brochettes apéritives au Comté et raisin, tiramisu salé au Comté ou encore accord parfait avec un vin jaune ou un Macvin du Jura. 

Une visite aussi savoureuse que passionnante qui rappelle combien gastronomie, terroir et patrimoine sont intimement liés au Jura.

Nuit et dîner au Castel Damandre : une parenthèse suspendue entre cascades et gastronomie locales.

Niché aux Planches-près-Arbois, au cœur d’une vallée verdoyante traversée par les cascades et les reliefs du Jura, le Castel Damandre offre immédiatement cette sensation rare de déconnexion totale. Depuis les balcons de l’hôtel, le regard se perd entre forêt, falaises et rivière dans un décor presque irréel où le bruit de l’eau accompagne chaque instant. 

L’établissement mêle avec élégance le charme d’une bâtisse de caractère à une atmosphère chaleureuse et apaisante : salons intimistes, grandes tables en bois, lumière douce et omniprésence de la nature tout autour. À quelques mètres seulement de l’hôtel, les spectaculaires cascades des Tufs prolongent naturellement cette impression de grande sérénité. Dans la lumière du matin, les eaux turquoise glissent sur les mousses et les roches sculptées par le temps offrant un véritable décor de carte postale en guise de prélude à votre journée.

Le soir venu, le restaurant du Castel Damandre prolonge cette immersion jurassienne avec une cuisine raffinée mettant à l’honneur les produits du terroir et les saveurs de saison. Aux commandes des cuisines, le chef Pascal Mathieu accueille ses convives avec cette simplicité élégante propre aux maisons où l’on sent immédiatement l’amour du produit et du territoire. Il sait composer des assiettes précises, généreuses et profondément enracinées dans les saveurs locales. 

L’entrée autour de l’asperge verte, de l’œuf parfait, de l’artichaut tourné, du beurre blanc à l’ortie et des œufs de truite séduit par sa fraîcheur végétale et sa délicatesse. Le pigeon cuit sur coffre accompagné de sa cuisse confite et d’un jus particulièrement travaillé confirme ensuite tout le savoir-faire du chef, entre maîtrise technique et gourmandise parfaitement équilibrée. Enfin, le dessert autour de la fraise, marmelade vanillée, biscuit financier, crémeux basilic, éclats de meringue et sorbet hibiscus clôture le dîner avec fraîcheur et légèreté. 

Une expérience gastronomique sincère, raffinée et profondément ancrée dans l’âme jurassienne.

Jour 3 ...

Les Grottes des Moidons : un voyage au centre du Jura.

Il faut parfois descendre sous terre pour mieux comprendre un territoire. À quelques kilomètres de Poligny, les Grottes des Moidons offrent une immersion fascinante dans les profondeurs jurassiennes. Avant même d’entrer dans la cavité, un film pédagogique permet de comprendre la formation des paysages du Jura : il y a plusieurs millions d’années, l’eau issue de la fonte des glaciers s’est infiltrée dans les sous-sols calcaires, sculptant lentement ce décor minéral spectaculaire. Ici, tout raconte le temps long : certaines concrétions ne grandissent que d’un centimètre par siècle.

Découvertes en 1966 par les spéléologues Fred Meyer, Patrice Meyer et Pierre Murat, les Grottes des Moidons restent longtemps connues que des seuls passionnés. Il faudra attendre le 11 juin 1989 pour qu’elles soient aménagées et ouvertes au public à l’initiative de la propriétaire des lieux.

Plus tard, Isabelle Gauthier-Rohr et son mari tombent littéralement amoureux du site. Lui, ancien guide dans d’autres grottes, décide de reprendre l’exploitation après avoir été fasciné par les concrétions. Isabelle, descendue un jour en rappel dans les profondeurs, raconte avoir ressenti le même émerveillement. 

Ensemble, ils vont transformer les lieux avec une approche plus accessible et familiale. En 2008, avec l’aide de Michel Menin, ils suppriment notamment les 81 marches d’accès afin de permettre aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite de découvrir elles aussi ce monde souterrain.

La visite limitée à 35 personnes se fait dans une ambiance volontairement apaisante. Ici, pas d’effets agressifs mais une mise en lumière subtile qui évoque parfois les décors à la Indiana Jones. Pendant près de 800 mètres, on traverse un univers de stalactites, stalagmites, cristaux de calcite, passages étroits, puits et salles monumentales creusés durant des millénaires. 

Une rivière souterraine circule encore plus de cent mètres sous les pas des visiteurs. Quelques petites chauves-souris croisent parfois discrètement leur parcours, comme si elles acceptaient de partager leur royaume sans jamais troubler le silence du lieu. 

Après l’incendie qui a touché le site en 2025, les équipes ont réussi un véritable exploit : une reconstruction menée en seulement trois mois permettant une réouverture partielle dès septembre et octobre 2025, avant une réouverture complète au printemps 2026. 

À la sortie, la boutique propose de jolies pierres et objets décoratifs à prix très accessibles, tandis qu’un espace de petite restauration met à l’honneur les produits locaux et les circuits courts. Les enfants peuvent même prolonger l’aventure dans un petit labyrinthe pensé spécialement pour eux.

Déjeuner jurassien au restaurant Le Local à Dole.

Installé au bord de l’eau, au cœur de Dole, le restaurant Le Local séduit immédiatement par son atmosphère paisible et son cadre presque bucolique. Depuis la terrasse fleurie qui longe le canal, on déjeune dans un décor apaisant où se mêlent vieilles pierres, reflets de l’eau, roses grimpantes et végétation généreuse. 

À l’intérieur, la décoration contemporaine et chaleureuse prolonge cette sensation de douceur avec ses matières naturelles, son bois clair et son ambiance conviviale.

Dans l’assiette, la cuisine fait la part belle aux spécialités régionales revisitées avec finesse. Le déjeuner débute par un délicieux Œuf parfait cuit à 63°C en meurette, généreusement parfumé, où la richesse de la sauce vient envelopper le fondant de l’œuf avec beaucoup de gourmandise. Suit ensuite La Lotte pochée à la crème de coco & curry, légumes et gratin de deux patates, un plat réconfortant aux saveurs douces et épicées où la finesse du poisson répond parfaitement à l’onctuosité de la sauce. 

Impossible enfin de passer à côté de la célèbre Cancoillotte Maison au vin jaune de Zouzou, véritable emblème franc-comtois préparé à partir de metton, ce caillé de lait affiné puis travaillé avec eau, crème, beurre et vin jaune pour obtenir cette texture fluide et intensément gourmande qui raconte à elle seule toute l’âme du Jura.

Dole : l’élégance discrète d’une cité d’Histoire.

Avec Pierre Chevassu comme guide passionné, la découverte de Dole prend rapidement des allures de voyage dans le temps. Ancienne capitale du Comté de Bourgogne, la ville s’est développée dès le Moyen Âge sur un axe stratégique nord-sud, notamment grâce à la route du sel et au franchissement du Doubs. Le comte Renaud III y installe son pouvoir afin de contrôler le passage de la rivière. Sa fille Béatrice de Bourgogne poursuivra ensuite le développement de la cité en la rattachant aux grandes dynasties européennes.

Au fil des siècles, Dole devient une ville prospère intégrée au Saint-Empire romain germanique. Elle accueille le premier Parlement du Comté, ainsi qu’une université prestigieuse fondée au XVe siècle sous Philippe le Bon. Mais l’histoire de la ville bascule lorsque Louis XI s’empare de Dole et ordonne sa destruction quasi totale. Peu de vestiges résistent à cette période sombre. Après la mort du roi, la ville renaît pourtant progressivement de ses cendres et retrouve une grande influence jusqu’à la conquête définitive de la Franche-Comté par Louis XIV. 

Même si le Parlement et l’université seront finalement transférés à Besançon après le traité de Nimègue en 1678, Dole conserve son âme et son patrimoine exceptionnel. La promenade dans le vieux centre dévoile alors toute la beauté de cette cité traversée par l’eau. Entre le canal des Tanneurs, les anciens passages appelés “treiges”, les ponts historiques, les façades anciennes et les cours intérieures secrètes, la ville possède un charme presque italien par endroits. 

On découvre la majestueuse Collégiale Notre-Dame dont le clocher est le plus haut de Franche-Comté, l’ancien hôpital devenu médiathèque, le jardin des Chevannes ou encore la grande fresque des Dolois réalisée en 2017. Dole revendique aussi avec fierté l’héritage de Marcel Aymé, né ici, dont le célèbre “Chat perché” est devenu un véritable symbole local. 

Chaque année en septembre, la ville célèbre d’ailleurs cet univers poétique et décalé lors du festival du Chat Perché, un rendez-vous gourmand et festif qui attire de nombreux visiteurs. Entre patrimoine, culture et projets d’aménagement tournés vers l’accueil et l’accessibilité, Dole réussit aujourd’hui le pari de préserver son histoire tout en regardant vers l’avenir.

Le Jura fait partie de ces régions qui se découvrent lentement… et qui laissent une empreinte durable. Entre villages perchés, cascades, vignobles, gastronomie et rencontres passionnées, chaque étape révèle un territoire profondément authentique. Une destination encore préservée, sincère et terriblement attachante qui mérite largement le détour.

La consommation d’alcool est interdite aux moins de 18 ans. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. – A consommer avec modération.

Laurence Trinquet 30/05/2026