4 mai 2026, la cérémonie des Molières...
Une soirée entre élégance et traits d’esprit bien sentis.
Pour cette 37ᵉ Nuit des Molières, le 4 mai aux Folies Bergère, Alex Vizorek reprenait pour la troisième fois les rênes de la cérémonie. Fidèle à son humour fin et légèrement ironique, il a ouvert la soirée avec quelques piques bien senties se comparant lui-même avec autodérision aux grandes figures du petit écran.
Sans chercher l’esbroufe, il a installé un ton élégant avec cette volonté affichée : faire de la soirée une ode au théâtre et surtout donner envie au public de pousser les portes des salles.
Dans une édition où aucun spectacle ne dominait véritablement les nominations, la cérémonie s’est déroulée dans une atmosphère assez équilibrée, presque apaisée.
Entre moments de reconnaissance, clins d’œil au monde du spectacle vivant et une certaine légèreté assumée, la soirée a privilégié le rythme et la fluidité plutôt que les grands effets. Une édition sans véritable coup de tonnerre mais portée par une envie commune : célébrer le théâtre dans toute sa diversité.
Palmarès des Molières 2026
Muriel Robin, une carrière saluée avec émotion.
La remise du Molière d’honneur à Muriel Robin restera sans doute l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Figure incontournable de l’humour et du théâtre français, elle a su, au fil des années, imposer une exigence rare, mêlant rire et profondeur, légèreté et engagement.
Sur scène comme à l’écran, elle a marqué des générations entières par son authenticité et sa capacité à toucher juste. Dans la salle, l’émotion était palpable, notamment du côté de son épouse, visiblement bouleversée, ajoutant à ce moment une dimension profondément humaine.
Plus qu’une récompense, c’est toute une trajectoire artistique, sincère et courageuse, qui a été saluée.
– Molière du Théâtre privé
Le Procès d’une vie, de Barbara Lamballais et Karina Testa, mise en scène Barbara Lamballais – Le Splendid
« Une pièce engagée qui s’impose comme la grande gagnante de la soirée. »
– Molière du Théâtre public
I Will Survive, de Jean-Christophe Meurisse (Les Chiens de Navarre), mise en scène Jean-Christophe Meurisse
« Une création libre, collective et toujours aussi dérangeante. »
– Molière de la Comédie
Fin, Fin et Fin, texte et mise en scène de Lancelot Cherer – Théâtre Lepic
« Une comédie nerveuse qui joue avec les codes et les détourne avec efficacité. »
– Molière de la Création visuelle et sonore
La petite boutique des horreurs, d’Alan Menken et Howard Ashman, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq – Théâtre de la Porte Saint-Martin / Opéra Comique
« Un univers visuel et sonore spectaculaire, salué pour son inventivité. »
– Molière du Spectacle musical
La Cage aux folles, de Jerry Herman et Harvey Fierstein, mise en scène Olivier Py – Théâtre du Châtelet
« Un grand classique revisité avec panache et une énergie toujours fédératrice. »
– Molière de l’Humour
Alex Lutz, dans Sexe, Grog et Rocking Chair, mise en scène Tom Dingler
» Une récompense logique pour un artiste à l’univers singulier. »
– Molière du Jeune public
Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit, de Johanna Boyé et Élisabeth Ventura, mise en scène Johanna Boyé – Comédie-Française
« Une proposition poétique qui séduit petits et grands. »
– Molière du Seul/e en scène
Les frottements du cœur, texte et interprétation Katia Ghanty, mise en scène Éric Bu – Atelier Théâtre Actuel
« Une performance sensible et engagée. »
– Molière du Comédien (théâtre privé)
Jérôme Kircher, dans Amadeus
« Une interprétation habitée qui a marqué les esprits. »
– Molière de la Comédienne (théâtre privé)
Josiane Balasko, dans Ça, c’est l’amour
« Une présence généreuse et fidèle à son registre. »
– Molière du Comédien (théâtre public)
Laurent Lafitte, dans La Cage aux folles
« Une performance élégante et parfaitement maîtrisée. »
– Molière de la Comédienne (théâtre public)
Elsa Lepoivre, dans Hécube, pas Hécube
« Une incarnation puissante et nuancée. »
– Molière de la Mise en scène (théâtre public)
Joël Pommerat, pour Les Petites filles modernes
« Une signature toujours aussi forte dans le paysage théâtral. »
– Molière de la Mise en scène (théâtre privé)
Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget, pour Made in France
« Une mise en scène inventive et efficace. »
– Molière de la Révélation féminine
Marina Pangos, dans Le chant des lions
« Une révélation prometteuse à suivre de près. »
– Molière de la Révélation masculine
Lancelot Cherer, dans Fin, Fin et Fin
« Un jeune talent qui s’impose avec justesse. »
– Molière du Comédien dans un second rôle
Laurent Stocker, dans Les Femmes savantes
« Une interprétation précise et ciselée. »
– Molière de la Comédienne dans un second rôle
Jeanne Arènes, dans Le Procès d’une vie
« Une présence discrète mais déterminante. »
– Molière de l’Auteur/trice francophone vivant/e
Barbara Lamballais et Karina Testa, pour Le Procès d’une vie
« Un texte qui confirme son impact et sa modernité. »
Retour sur toute la préparation...
Le Conseil d’administration, garant de l’esprit des Molières
Derrière la cérémonie, il y a aussi une structure, une vision et des personnalités qui veillent à l’équilibre et à l’exigence du prix. Le Conseil d’administration des Molières réunit des professionnels engagés au service du théâtre vivant.
À sa tête, Jean-Marc Dumontet, président, figure incontournable du théâtre privé, impulse une dynamique à la fois ambitieuse et fédératrice.
À ses côtés, Cécile Backès, vice-présidente, apporte son regard ancré dans le théâtre public, tandis que Laurence de Magalhaes, trésorière, contribue à la solidité et à la continuité du projet.
Ariane Le Bellec, secrétaire, veille à la cohérence de l’ensemble, et Hugues Leforestier, directeur général en assure la mise en œuvre opérationnelle.
Une équipe complémentaire, à l’image des Molières eux-mêmes : un dialogue constant entre les différentes visions du théâtre, au service d’une même passion.
Entre créations audacieuses et grands textes revisités, la scène française dévoile une saison d’une richesse rare, où l’émotion le dispute à l’exigence.
À l’approche de la cérémonie des Molières 2026, le théâtre français révèle une fois encore toute sa vitalité. Entre grandes fresques classiques revisitées, créations contemporaines engagées et propositions audacieuses, cette édition s’annonce particulièrement riche.
Plus qu’un simple palmarès, les Molières sont le reflet d’une saison, d’un état du théâtre, de ses élans, de ses fragilités aussi.
Cette année, les nominations témoignent d’un équilibre intéressant entre théâtre privé et public, entre textes patrimoniaux et écritures nouvelles. On retrouve des signatures confirmées comme Joël Pommerat ou Jean-Philippe Daguerre, mais aussi des créations plus inattendues qui bousculent les codes. Une photographie fidèle d’un théâtre en mouvement qui cherche autant à émouvoir qu’à questionner.
Enfin, derrière le glamour de la cérémonie, il ne faut pas oublier le travail colossal qu’elle représente : sélection, visionnage, débats… Les Molières, ce sont avant tout des professionnels qui regardent leurs pairs avec exigence, passion et parfois… subjectivité assumée.
L’histoire des Molières.
Créés en 1987 à l’initiative de Georges Cravenne, les Molières sont l’équivalent français des Tony Awards américains. Leur objectif : célébrer chaque année l’excellence du théâtre vivant.
La cérémonie doit son nom à Molière, figure emblématique du théâtre français, symbole d’un art populaire, exigeant et intemporel. Depuis leur création, les Molières se sont imposés comme la distinction de référence dans le paysage théâtral français.
Petit rappel sur les critères d’éligibilité.
Pour concourir aux Molières, les spectacles doivent répondre à plusieurs critères précis :
– avoir été créés durant la saison théâtrale concernée
– être joués dans un théâtre professionnel (public ou privé)
– avoir atteint un nombre minimum de représentations
– être vus par un nombre suffisant de votants
Ce système garantit une certaine équité, même si, soyons honnêtes, la visibilité et la capacité à faire venir des votants restent des enjeux clés.
- Côté théâtre privé, une pièce doit avoir totalisé au moins 60 représentations entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, dans des salles de plus de 90 places (hors festivals et tournées). Les spectacles jeune public bénéficient d’un seuil allégé, fixé à 40 représentations.
- Pour le théâtre public, les conditions diffèrent légèrement : les spectacles doivent atteindre 25 représentations minimum dans des structures reconnues (théâtres nationaux, CDN, scènes nationales…), avec une exigence particulière pour le jeune public, dont au moins 20 représentations doivent être hors temps scolaire.
- Les spectacles musicaux répondent à des critères plus élevés, avec jusqu’à 60 représentations en théâtre privé (ou 30 dans le public), selon la taille des salles.
- Enfin, les spectacles d’humour sont évalués non pas au nombre de représentations, mais à leur succès public, avec un seuil fixé à 8 000 spectateurs payants sur l’année.
Le système de vote.
Le corps électoral des Molières compte environ 3 800 professionnels inscrits : artistes, auteurs, metteurs en scène, producteurs, directeurs de théâtre…
Le vote se déroule en deux temps :
– 1er tour : plus de 60 % de participation
– 2e tour : entre 60 et 70 % de votants
Un taux relativement élevé qui montre l’implication de la profession, même si certaines catégories restent plus disputées que d’autres.
Les spectacles nommés pour 2026
Théâtre privé
Amadeus – Peter Shaffer – mise en scène Olivier Solivérès – Théâtre Marigny
Art – Yasmina Reza – mise en scène François Morel – Théâtre Montparnasse
Made in France – Samuel Valensi, Paul-Éloi Forget – mise en scène Samuel Valensi, Paul-Éloi Forget – Théâtre de Belleville / Théâtre de la Renaissance
Le procès d’une vie – Barbara Lamballais, Karina Testa – mise en scène Barbara Lamballais – Le Splendid
Théâtre public
La guerre n’a pas un visage de femme – d’après Svetlana Alexievitch – mise en scène Julie Deliquet – Théâtre Gérard Philipe
I will survive – Jean-Christophe Meurisse / Les Chiens de Navarre – mise en scène Jean-Christophe Meurisse
Makbeth – Louis Arene, Lionel Lingelser – d’après Shakespeare – mise en scène Louis Arene – Munstrum Théâtre
Les petites filles modernes – Joël Pommerat – mise en scène Joël Pommerat
Comédie
Cochons d’Inde – Sébastien Thiéry – mise en scène Julien Boisselier – Théâtre des Nouveautés
Fin, Fin et Fin – Lancelot Cherer – mise en scène Lancelot Cherer – Théâtre Lepic
La Jalousie – Sacha Guitry – mise en scène Michel Fau – Théâtre de la Michodière
Potiche – Barillet & Gredy – mise en scène Charles Templon – Théâtre Libre
Spectacle musical
La Cage aux folles – Jerry Herman, Harvey Fierstein – mise en scène Olivier Py – Théâtre du Châtelet
Chicago – Bob Fosse, Fred Ebb, John Kander – Casino de Paris
La petite boutique des horreurs – Alan Menken, Howard Ashman – mise en scène Valérie Lesort, Christian Hecq
Humour
Ahmed Sylla – Origami
Alex Lutz – Sexe, Grog et Rocking Chair
Alison Wheeler – La promesse d’un soir
Valérie Lemercier – Valérie Lemercier au Théâtre Marigny
Jeune public
Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit – Johanna Boyé, Elisabeth Ventura – mise en scène Johanna Boyé – Comédie-Française
Je suis trop vert – David Lescot – mise en scène David Lescot – Théâtre de la Ville
Mulan – Guillaume Bouchède, Frédéric Chevaux – mise en scène Guillaume Bouchède – Théâtre des Béliers Parisiens
Oliver Twist – Ned Grujic – mise en scène Ned Grujic
Seul(e) en scène
La disparition de Josef Mengele – Mikaël Chirinian – mise en scène Benoît Giros
Les frottements du cœur – Katia Ghanty – mise en scène Éric Bu
On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie – Éric Feldman – mise en scène Olivier Veillon
Portrait de Rita – Laurène Marx – mise en scène Laurène Marx
Rendez-vous très bientôt pour découvrir le palmarès de cette édition qui s’annonce déjà mémorable.
Pour profitez des tarifs préférentiels théâtre du Club CultureLLes …
Laurence Trinquet 03/04/2026
