Evasion au Pays du Valois, au Donjon de Vez mais pas que !

Evasion au Pays du Valois, au Donjon de Vez mais pas que !

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Le Donjon de Vez, huit siècles d'histoire qui dialoguent avec l'art contemporain

Dès votre arrivée au Donjon de Vez, vous comprendrez que cette journée sera placée sous le signe des rencontres entre passé et présent. Vous découvrirez Le Valois, un territoire de 62 communes qui a repris depuis le début du mois de mai la gestion et la valorisation du site du Donjon.

Propriété privée ouverte au public, le domaine est aujourd’hui au cœur du projet, « Monumental Valois », destiné à mettre en lumière les œuvres contemporaines installées dans le donjon tout en valorisant l’importante collection du propriétaire des lieux – Francis Briest – qui continue d’y séjourner plusieurs semaines par an. Vous voilà au cœur des méandres de cette fascinante histoire.

Pour comprendre le Donjon de Vez, il faut remonter aux origines mêmes du Valois. Ce territoire conquis par Clovis après la bataille de Soissons en 486 devient au fil des siècles l’un des plus puissants comtés du royaume. 

Au XIe siècle, Raoul de Crépy, également connu sous le nom de Raoul de Valois, marque profondément l’histoire locale. Conseiller du roi Henri Ier, puis époux de la reine Anne de Kiev après un enlèvement romanesque qui lui vaudra l’excommunication du pape, il contribue à la puissance de la dynastie. 

Plus tard, les Valois donneront leur nom à la célèbre lignée royale qui règnera sur la France pendant plus de deux siècles. Quant au château de Vez, il est reconstruit à la fin du XIVe siècle par Jean de Vez après les ravages de la guerre de Cent Ans et de la Grande Jacquerie. 

Abandonné puis vendu après la Révolution, il sera sauvé au XIXe siècle grâce à une ambitieuse restauration, avant de connaître une nouvelle vie à partir des années 1980 avec l’arrivée de l’art contemporain.

La visite se poursuit dans les jardins dessinés par la grande paysagiste Pascale Cribier, également connue pour ses interventions aux Tuileries. Labellisés « Jardin remarquable », ils entourent avec élégance ce donjon de près de 25 mètres de hauteur. Ici, l’esprit médiéval dialogue avec une composition végétale inspirée des célèbres tapisseries mille-fleurs. 

Au détour des allées, quelques œuvres ponctuent discrètement la promenade, notamment une sculpture de Robert Couturier dont les formes élégantes semblent avoir trouvé naturellement leur place au milieu des massifs imaginés par Pascale Cribier. 

Les anecdotes historiques donnent vie aux lieux. On découvre notamment que les défenseurs des forteresses jetaient parfois sur leurs assaillants de l’eau bouillante ou de la poix portée à très haute température, une résine noire et collante qui aurait donné naissance à l’expression « avoir la poisse ». Une histoire qui fait sourire aujourd’hui, mais qui rappelle alors la rudesse des temps.

À l’intérieur du château, chaque salle réserve son lot de surprises. Le regard passe sans transition d’une commode du XVIIIe siècle à une céramique de Picasso, d’une tapisserie représentant Alexandre le Grand à du mobilier impérial. 

Dans la salle à manger, une œuvre murale de l’artiste américain Sol LeWitt dialogue avec un spectaculaire lustre contemporain signé Hubert Le Gall. Plus loin, sculptures, tableaux, cabinets de curiosités, animaux naturalisés, bibliothèques et objets rares composent un ensemble éclectique où les siècles se croisent sans jamais se heurter. 

Cette accumulation savante évoque l’esprit des grandes collections rêvées par Jacques Garcia : un lieu où l’histoire, l’art et la curiosité se répondent librement.

Cette rencontre entre Moyen Âge et art contemporain doit beaucoup à Francis Briest, propriétaire du Donjon de Vez et figure majeure du marché de l’art français à travers Artcurial. Collectionneur passionné, il a progressivement transformé le château en un lieu de dialogue entre les époques où mobilier ancien, œuvres contemporaines et objets rares cohabitent harmonieusement.

La visite s’achève dans les espaces les plus impressionnants du domaine. La majestueuse salle des gardes, autrefois dédiée à la défense du château, séduit par ses volumes et sa puissance architecturale. 

Plus haut, l’immense charpente du « Grenier », parfois surnommée la salle Eiffel tant sa structure fascine les visiteurs, témoigne du savoir-faire exceptionnel des bâtisseurs. Dans la chapelle, les vitraux contemporains de Daniel Buren apportent une lumière inattendue à l’édifice ancien. 

L’exposition temporaire actuellement présentée, dont le titre fait référence à un célèbre morceau des Pink Floyd, s’inscrit  dans cet esprit de dialogue entre patrimoine et création. Ici, les œuvres semblent moins chercher à s’imposer qu’à révéler autrement la beauté intemporelle du lieu. 

En quittant Vez, on garde le sentiment rare d’avoir visité bien davantage qu’un château : un espace où huit siècles d’histoire continuent de converser avec notre époque.

Le Musée de l'Archerie et du Valois : une visite bien plus passionnante qu'on ne l'imagine

Avant de pousser les portes du Musée de l‘Archerie et du Valois à Crépy-en-Valois, attendez-vous à être surpris  ! Le musée occupe l’ancien château des seigneurs de Crépy, un ensemble remarquable dont les bâtiments s’échelonnent du XIIe au XIXe siècle. Dès l’entrée, les hautes salles voûtées, les pierres séculaires et les impressionnantes charpentes plongent le visiteur dans plusieurs siècles d’histoire. 

Le bâtiment à lui seul mérite la visite. On passe d’une salle médiévale à une vaste galerie baignée de lumière avec le sentiment d’explorer un lieu habité par le temps.

La première surprise est la richesse des collections consacrées à l’archerie. Loin de se limiter à quelques arcs anciens, le musée retrace l’histoire de cette pratique à travers les civilisations et les continents. 

Arcs africains, asiatiques, américains ou européens se côtoient dans un parcours particulièrement pédagogique. Certaines pièces sont de véritables œuvres d’art. On découvre notamment l’évolution des techniques, des matériaux et des usages, depuis la chasse jusqu’à la guerre ou au sport moderne.

Amusant !

L’expression « Se tenir à carreau » viendrait du carreau d’arbalète. Mieux valait rester prudent et hors de portée du tir.

et « Toucher en plein dans le mille » serait directement lié aux compétitions de tir à l’arc où le centre de la cible était appelé « le mille ».

« Avoir quelqu’un dans son collimateur » serait plus récent, mais toujours lié au monde du tir.

Au fil des salles, l’histoire militaire occupe naturellement une place importante. L’arbalète considérée au Moyen Âge comme une arme redoutable bénéficie d’une présentation particulièrement intéressante. Son efficacité était telle que le pape Urbain II tenta même d’en limiter l’usage entre chrétiens. 

Durant la guerre de Cent Ans, les arbalétriers formaient des unités d’élite lourdement équipées dont le rôle consistait à briser les charges ennemies grâce à la puissance de leurs tirs. Le musée permet de comprendre concrètement l’évolution de ces armes qui ont profondément marqué l’histoire des guerres européennes.

Mais le musée ne s’arrête pas au Moyen Âge. Vous apprécierez particulièrement la partie consacrée à l’archerie moderne et à ses grands fabricants. On y découvre notamment les figures mythiques d’Howard Hill, considéré comme l’un des meilleurs archers du XXe siècle, et de Fred Bear, pionnier américain dont les arcs sont devenus des références mondiales. 

Certaines pièces exposées témoignent d’un savoir-faire exceptionnel où l’objet sportif devient presque une œuvre d’ébénisterie. Les bois précieux, les incrustations et les lignes élégantes de certains arcs attirent immédiatement le regard.

les collections consacrées à l'histoire du Valois.

La visite réserve enfin une autre belle surprise avec les collections consacrées à l’histoire du Valois. Dans les vastes salles de l’ancien château sont présentées de nombreuses sculptures religieuses, statues polychromes et œuvres médiévales qui racontent l’histoire artistique et spirituelle du territoire. 

Sous les magnifiques charpentes de bois et les voûtes de pierre, ces œuvres prennent une dimension particulière. On ressort de cette visite avec la sensation d’avoir découvert bien davantage qu’un musée spécialisé : un véritable voyage à travers l’histoire du Valois, de ses seigneurs, de ses artisans et de ses traditions. Une adresse encore méconnue qui mérite largement le détour lors d’un séjour dans l’Oise.

Vous repartirez du Valois avec la sensation d’avoir découvert une région encore méconnue où chaque visite raconte une histoire. Si, comme moi, vous aimez les lieux de mémoire, les découvertes insolites et les escapades culturelles à taille humaine, alors poussez le portail du site de l’Office de Tourisme du Pays de Valois : vous y trouverez de nombreuses idées pour construire vos parcours au cœur de ce territoire attachant.

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Laurence Trinquet 21/06/2026