Car derrière ses airs de divertissement délicieusement coquin, Il fait toujours beau à Hollywood aborde un sujet autrement plus profond : le plaisir féminin, si longtemps passé sous silence, surveillé, culpabilisé, voire nié par une société dominée par les hommes. À travers le parcours de Jessie, Jean Marbœuf s’amuse de cette morale patriarcale qui prétend dicter aux femmes ce qu’elles doivent penser, ressentir et désirer.
Et quel meilleur terrain de jeu que le Hollywood des années 1930, où l’on fabriquait du rêve à grand renfort de glamour tout en soumettant les scénarios à une censure parfois parfaitement absurde ? L’auteur exploite avec humour ce décalage entre les interdits officiels et les aspirations intimes. Sa mise en scène accompagne cette fantaisie avec légèreté, laissant toute leur place aux comédiens, aux situations et aux mots d’esprit.
J’ai aimé cette manière de parler de liberté, de religion, de condition féminine et d’émancipation sans jamais alourdir le propos. On rit souvent, on s’amuse beaucoup et, mine de rien, on découvre aussi une page étonnante de l’histoire du cinéma américain. Voilà une pièce qui ne prétend pas révolutionner le théâtre, mais qui réussit quelque chose d’essentiel : nous divertir intelligemment, avec une bonne dose d’insolence et un plaisir partagé entre la scène et la salle.