La mise en scène : le film convoqué, le théâtre triomphant.
Avant même que la pièce ne commence, j’ai aimé ce détail très fort : le hall du Théâtre Marigny vous accueille déjà dans l’univers du XVIIIe siècle, comme si la soirée avait commencé avant le lever de rideau.
Puis sur scène, la mise en scène d’Olivier Solivérès fait basculer le spectacle dans une sorte de rêve : candélabres, partitions, voiles, masques et cette sensation permanente que la musique ne sert pas seulement de décor… mais qu’elle devient une force dramatique.
Les scènes s’enchaînent comme des tableaux et vous ressentez presque physiquement la bascule : la gloire, la cour, l’humiliation, l’intrigue, la solitude, puis l’effondrement. Le spectacle assume une ampleur rare et c’est là que j’ai été le plus touchée : on n’est pas dans un théâtre “qui illustre” mais dans un théâtre qui recrée une époque, une fièvre, une folie.
Et même si l’histoire relève du mythe, l’émotion, elle, est bien réelle : les spectateurs se laissent emporter. Et quand Mozart apparaît, que les airs traversent l’espace, vous comprenez pourquoi cette adaptation fonctionne : parce qu’elle offre deux heures d’immersion, de beauté, de tension, d’émotion et qu’elle donne aussi une envie irrépressible, en sortant, de réécouter Mozart… et de relire le monde à travers lui.