Avec sa mise en scène, Gaspard Legendre pousse les curseurs de la fantaisie et de l’excentricité pour transformer l’univers gothique de Dracula en une véritable fête théâtrale. Les décors imaginés par Benjamin Mornet, les costumes, les effets visuels et les jeux de lumière composent un univers à la fois mystérieux, extravagant et délicieusement kitsch.
La musique originale de Christian Auer et les chorégraphies de Clément Wohrer participent à cette ambiance débridée où les références contemporaines viennent joyeusement télescoper l’Angleterre victorienne. Les scènes s’enchaînent avec un rythme soutenu, multipliant les surprises, les gags visuels et les détournements des codes du fantastique.
Tout est volontairement excessif, parfois provocateur, mais toujours porté par une envie communicative de s’amuser. J’ai beaucoup aimé cette audace qui consiste à revisiter un grand classique sans aucun complexe, en osant l’absurde, le décalage et une bonne dose d’autodérision. Et au-delà des éclats de rire, c’est aussi l’atmosphère de liberté et de bienveillance qui m’a séduite.
Dans une société où les différences suscitent encore trop souvent des crispations, quel plaisir de voir un spectacle qui s’en amuse et les célèbre avec autant de naturel !
Un Dracula qui a décidément beaucoup de mordant mais qui nous donne surtout une irrésistible envie de rire et de profiter de cette joyeuse liberté !