Un duo d’une précision vertigineuse.deux logiques, deux solitudes.
J’ai été particulièrement touchée par Christine Murillo, absolument remarquable. Elle donne à son personnage une énergie nerveuse, une lucidité féroce, une tendresse qui affleure puis se referme aussitôt comme si elle n’avait plus le luxe de la fragilité.
Elle fait rire… mais un rire qui serre la gorge. Face à elle, Jean-Pierre Darroussin joue un homme abîmé, fatigué, parfois maladroit, parfois injuste, mais jamais caricatural. Ce qui m’a saisie, c’est leur capacité à faire exister deux logiques différentes : au début, chacun avance dans son propre monde comme s’ils ne parlaient pas la même langue.
Et pourtant, malgré les joutes verbales, malgré les piques, malgré les petites mufleries du quotidien, on sent ce fil invisible : ils sont encore ensemble, même dans l’incompréhension. Et c’est précisément ce contraste qui rend le spectacle si poignant.